Anxiété : Pourquoi, comment l’identifier et quelques trucs et interventions !

enfant qui souffre d'anxiété

Le nombre d’adolescents souffrant d’anxiété semble à la hausse, très à la hausse. L’anxiété chez les enfants est-elle vraiment à la hausse ou y prêtons-nous seulement plus attention ? Les opinions sont partagées.

Quelles seraient les causes de cette hausse ?

La faute de l’environnement ? Selon des études réalisées aux États-Unis, les enfants issus de milieux privilégiés, où les parents occupent entre autres des professions libérales, sont plus durement touchés que le reste de la population. Les enfants de ces milieux tendent à être très anxieux et perfectionnistes. Parfois, il est juste de dire que les parents exercent de la pression de performance sur les enfants, tandis que dans d’autres cas, les enfants se l’appliquent eux-mêmes.

Quelles seraient les facteurs causant de l’anxiété chez les enfants et les adolescents ?

La faute aux parents ? En partie, un enfant constamment exposé à des parents stressés par le rythme de leur vie, sera par le fait même insécurisé, son cerveau produirait donc des hormones de stress. La libération de ces hormones stressantes produira une cascade d’effets physiques et psychologiques indésirables chez l’enfant.

L’exposition aux écrans et aux médias sociaux ? Sans l’ombre d’un doute ! L’exposition prolongée aux écrans vient fausser l’horloge biologique des enfants comme celle des adultes. Ainsi, lorsque les enfants sont exposés de façon prolongée aux écrans en soirée, la qualité de leur sommeil s’en verra influencée négativement. Certes, ils réussiront à s’endormir, par contre, la qualité de sommeil ne sera pas au rendez-vous. Ils se réveilleront ainsi en déficit de sommeil le matin ce qui viendra hypothéquer leurs capacités d’adaptation, de gestion du stress, des imprévus etc.

Concernant les médias sociaux, nous savons à quel point, à l’adolescence, le regard et l’approbation des pairs sont importants. Avec le phénomène des médias sociaux, le désir de plaire est exacerbé et ne prend plus fin lorsque l’ado revient à la maison, bien au contraire. Une partie des adolescents deviennent si absorbés par leur besoin d’approbation des autres qu’ils finissent par en sacrifier leur propre bonheur.

Chaque seconde loin de leur appareil induit à alimenter leur anxiété. Ils ont peur de manquer une publication ou sont impatients de voir le nombre de ‘’j’aime’’ que leur dernière publication a suscité. Ainsi, la plus grande partie de leur anxiété est donc générée par eux-mêmes et non pas par leur environnement. Sans le support d’un adulte, ils laissent l’anxiété envahir leurs pensées , leurs sentiments et cela devient destructeur pour eux.

Tout cela étant dit, comment déterminer si mon enfant vit de l’anxiété ? Voici des signaux à observer ;

  • Est-ce que mon enfant évite des situations ou est-il constamment porté à chercher à se faire rassurer par l’adulte ?
    Ex : Maman, tu es sur hein que je ne suis pas malade, ou que je ne serai pas malade ?
    Ex : Papa, tu n’oublieras pas de passer me chercher après la pratique de hockey hein? Tu vas y penser n’est-ce pas?
  • Est-ce qu’il a des maux physiques ?
    Ex : Vomir avant une pratique de hockey, maux de ventre etc.
  • Est-ce qu’il a des pensées récurrentes en lien avec des inquiétudes?
    Ex :Que va-t-il se passer si vous mourrez papa et maman ? Vous n’allez pas mourir?
  • Est-ce qu’il se fie sur ses parents pour répondre à ses besoins ou pour effectuer ses tâches?
    Ex :Je vais aller à la fête de mon meilleur ami seulement si mon grand frère m’accompagne aussi.
  • Est-ce qu’il exagère des situations qui se produisent ou qui vont peut-être se produire ?
    Ex :Je ne lève jamais la main en classe au cas où je me tromperais et que les autres élèves rient de moi.
  • Est-ce qu’il a de la difficulté à fonctionner dans ses activités quotidiennes ? (École, activités parascolaires, fêtes d’amis, routines du coucher etc)
    Ex : Je ne veux pas aller à l’activité hivernale avec le reste de l’école, des élèves plus vieux que moi y seront et je me ferai peut-être écœurer.

Trucs, interventions et attitudes à préconiser !

L’objectif : L’objectif n’est pas d’éviter le stress et l’anxiété chez votre enfant ou chez votre adolescent mais bien de l’équiper, de lui fournir les outils et les prises de conscience pour qu’il puisse être en mesure de gérer ses émotions lui-même. En soi, le seul fait que l’enfant devienne plus autonome pour gérer son stress et son anxiété fera baisser en soi son niveau d’anxiété. Travailler à faire en sorte qu’il n’ait plus à se fier sur sa best friend, sur son père ou sur son professeur comme solution pour diminuer son anxiété.

L’intervention précoce : Souvent, comme parents, nous avons tendance à attendre de voir si la situation va passer et rentrer dans l’ordre par elle-même. Le plus tôt l’enfant recevra de l’aide professionnelle et des outils, le plus tôt il sera en mesure de mieux comprendre ce qu’il vit, les causes et les façons de pouvoir vivre sereinement et de bien fonctionner. Nous recommandons d’intervenir même si la condition n’est pas extrême. Il sera moins long, moins couteux de ramener la situation à la normale. Gardez en tête que la plupart des outils, des trucs et des réflexions seront aussi utiles pour les parents et pour les autres enfants de la famille, ainsi, vous ferez d’une pierre deux coups!

Gare à l’évitement ! Il s’agit d’un réflexe comme parents d’éviter les éléments stressants et qui sont des sources d’anxiété chez les enfants. Ce réflexe est bienveillant certes, par contre, il comporte un effet pervers. En lui évitant d’affronter une crainte, une peur ou une source de stress, nous empêchons l’enfant de se pratiquer à les affronter. Et comme dit l’adage, «c’est en forgeant qu’on devient forgeron». Peu importe ce que nous pratiquons dans la vie, nous finissons par devenir efficace à le faire. Ainsi, mettez à l’épreuve vos enfants et accompagnez-les ! Petit à petit, ils prendront confiance en leurs propres moyens pour affronter les obstacles de la vie, gagneront en estime et en confiance en eux.

Cesser de rassurer son enfant : Votre enfant est inquiet pour quelque chose ? «Ne t’en fais pas, fais-moi confiance, tout ira bien, tu feras bien ça, tu n’as pas à t’inquiéter pour ça». Aucune de vos paroles rassurantes ne fonctionnent ? Votre enfant aimerait bien les entendre vos paroles réconfortantes, mais lorsqu’il est anxieux et très inquiet, son cerveau n’est plus en mesure de recevoir vos paroles, vous prêchez ainsi dans le désert. Il est très difficile à ce moment pour votre enfant d’utiliser son cerveau gauche logique, rationnel, raisonnable et sensé.

Soulignez les moments où il est inquiet pour une bonne raison : Enseignez-leur que dans la vie, il est normal de s’inquiéter et même plus, qu’il est vital de s’inquiéter. Lorsque vous remarquez qu’ils sont légitimement inquiets, dites-leur qu’ils ont raison de l’être. Parlez-leur de nos ancêtres qui devaient se méfier des animaux sauvages qui souhaitaient faire d’eux leur casse-croute! La vigilance et la méfiance sont normales lorsqu’il y a matière à l’être réellement.

Votre enfant présente des signaux énumérés ci-haut ?

Il se peut qu’il vive une période d’anxiété ponctuelle, dû à un évènement traumatique ou non. Il est aussi possible que la situation soit chronique et qu’elle persiste dans le temps. Dans un cas comme dans l’autre, si vous vous sentez démuni face à la situation, il est conseillé d’intervenir sans tarder. Dans bien des cas, quelques consultations seront suffisantes pour faire en sorte que la situation rentre dans l’ordre ou encore, qu’elle s’améliore grandement. Contactez-moi pour obtenir un coaching et une prise en charge complète pour bâtir des solutions personnalisées et adaptées à vos besoins spécifiques.

Biographie de l'auteur

Guillaume Rancourt

Guillaume Rancourt, est éducateur spécialisé et coach familial passionné et innovateur. Également fondateur de la Clinique de l’Enfant, il offre des services de coaching familial et de formation destinées aux parents en Beauce.

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